Liliana Gassiot entrecroise plusieurs techniques dans son travail, allant de grands formats

aux plus petits . Expatriée, elle aborde des sujets liées à la naissance, à l’appartenance, à

l’environnement et ses empreintes, en manifestant une forme de simplicité dans sa démarche,

se servant de matériaux qui l’entourent.

 

Principalement au fil, elle représente la nature et la femme, un genre de paradis perdu.

Sans avoir une approche maniériste du travail au fil, Liliana Gassiot retrouve par ce médium

une tradition de son pays d’origine, la Roumanie, qu’elle a quitté à l’âge de 21 ans. La

répétition et la sensualité de ces gestes transmis chez elle de mère en fille sont un lien réel

d’appartenance affective qui font référence à sa culture, mais qu’elle exploite librement.

En rehaussant de couture ses photographies de corps ou de sous-bois, elle entre dans

le secret de ces formes, qu’elle habite en accentuant certains détails. Ailleurs quelques

noeuds foetaux se déploient croqués au fusain sur de grandes feuilles blanches. Sur

des papiers plus fins toute une iconographie florale ou féminine apparaît par frottage au

graphite . En brodant de fil noir des draps blancs, elle crée de grands dessins en forme de

conte de fée selon une imagerie symbolique romantique. Aussi, ces lumineux petits portraits

de femmes légères, cousus aux fils de couleurs sur des mouchoirs. Elle intervient à

la machine à coudre sur des pages, créant ainsi plusieurs éditions de livres d’artiste, tout

en mêlant textes et application de teintes de fleurs.

 

Par ses diverses interventions, Liliana Gassiot semble vouloir suturer un monde en fuite, en

rassemblant l’organique au végétal et inversement.

 

Carmilla Schmidt